Le test de Valence avait un parfum de fin d’année, mais il a surtout montré à quel point 2026 risque d’être une saison particulière pour Honda et ses pilotes. D’un côté, un Diogo Moreira catapulté dans un univers complètement nouveau. De l’autre, les pilotes confirmés qui bricolent une moto qui change un peu, mais pas trop. Et au milieu, une radio que personne n’arrive vraiment à faire fonctionner correctement. Bref, un mélange assez unique.
Moreira : première journée en MotoGP, premier choc
Impossible de ne pas commencer par lui. Diogo Moreira découvre la Honda LCR seulement deux jours après son titre Moto2, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il s’en souviendra.
Dès le premier relais, il avoue avoir eu du mal à ouvrir en grand la poignée de gaz. La puissance, le freinage, la vitesse en ligne droite… tout l’a surpris, voire un peu effrayé. Lucio Cecchinello lui-même a raconté en rigolant que son pilote était revenu au stand complètement secoué.

Il faut dire que Moreira n’avait pas eu le moindre test avant celui-là. Pas de session préalable, pas de roulage discret : il s’est retrouvé d’un coup face à une MotoGP moderne qui ne pardonne rien.
Mais malgré la claque, il était plutôt heureux de sa journée. Il sait qu’il a beaucoup à apprendre, qu’il lui faudra travailler physiquement cet hiver, et qu’il comprendra vraiment la moto plus tard, à force de tours et de discussions avec l’équipe.
Une Honda 2026 qui évolue doucement…
Pendant que Moreira découvrait la moto, les pilotes expérimentés s’occupaient d’une RC213V version 2026 qui se dévoile petit à petit. Et ce qui ressort, c’est simple : elle change, mais elle ne bouleverse rien.
Nouveau moteur, quelques améliorations sur l’aéro, une selle retravaillée… mais la base reste la même. Joan Mir le résume parfaitement : « Ce n’est pas une nouvelle Honda, juste une Honda avec des trucs différents. »
Même tonalité chez Zarco, qui trouve la moto « bien née », sans énorme défaut mais sans énorme qualité nouvelle non plus. Il note plus de grip à certains endroits, mais il va falloir comprendre comment l’exploiter et comment adapter son pilotage. Le pilote français évoque malgré tout un élément intéressant : « Elle a un équilibre un poil différent et je pense qu’il y a moyen de la régler correctement pour augmenter les performances.« . Wait and see donc !
On sent presque que Honda marche sur un fil :
- progresser sans repartir de zéro,
- avancer sans casser les bons points de la moto actuelle,
- et surtout rattraper le retard aérodynamique sur Ducati, Aprilia et KTM.
La vraie réponse, tout le monde le dit, arrivera à Sepang. À Valence, les conditions et le programme chargé n’ont pas permis de tirer des conclusions claires. Pour rappel, la pluie s’est invitée pendant une bonne partie de la matinée et des traces d’humidité ont rendu la piste impraticable.
La fameuse radio MotoGP… toujours aussi catastrophique
Et puis il y a eu ce moment qui fait presque sourire : la nouvelle tentative de radio embarquée. Johann Zarco l’a testée et… il n’a rien entendu.
Ou plutôt si : il a entendu des grésillements.

Le système, censé transmettre des messages de sécurité simples, passe par un petit haut-parleur posé sur l’os de l’oreille. Sur le papier, c’est futuriste. En vrai, ça ne marche pas. Entre le vent, les vibrations, le casque qui bouge, et la vitesse, le message est presque impossible à distinguer.
Zarco ne trouve pas ça dangereux, juste inutile. Et on peut imaginer que si Honda — ou les pilotes Honda — doivent s’exprimer sur le sujet dans les prochains mois, ils risquent de rester prudents.
Une fin de saison entre apprentissage, réglages et questions ouvertes
Ce test de Valence donne finalement un tableau assez parlant :
- Moreira découvre une machine qui l’impressionne autant qu’elle l’excite ;
- les titulaires jonglent avec une moto qui évolue sans se transformer ;
- et des idées comme la radio semblent encore loin d’être prêtes.
Honda ne révolutionne rien, mais avance petit à petit, avec beaucoup de travail prévu durant l’hiver. La moto 2026 pourrait être meilleure, mais on ne sait pas encore jusqu’à quel point. Et au milieu de tout ça, Moreira va devoir apprendre très vite pour se mettre au niveau d’une catégorie où tout va… beaucoup plus vite que ce à quoi il était habitué.












